La chronique du 18 juin 2022 : la dépravation des mœurs

La chronique aurait pu s’appeler l’appel du 18 juin en nous référant à l’Histoire. Il n’en est pas ainsi.

Lorsque l’on parle de mœurs, on exprime les usages et habitudes de vie au sein d’une cellule sociale. La dépravation est donc le fait de les bafouer. Ceci étant dit, la dépravation des mœurs peut être  une conséquence de multiples facteurs : familiaux, sociétaux ou culturels. S’il est bien vrai que l’éducation familiale est censée donner des repères et enseigner la morale, il n’en demeure pas moins que le cocon familial ne constitue plus le seul vecteur d’apprentissage dans nos sociétés modernes. Sur ce point, les enseignants ne vous diront pas le contraire, eux à qui on en demande de plus en plus pendant que certains parents sont démissionnaires…

L’accès au web, aux réseaux sociaux n’aide pas les jeunes à ce sujet car, de nos jours, un enfant peut trouver ce qu’il veut sur le web. Inutile de vous donner des exemples ou de vous faire un dessin. Et on s’identifie, et on copie et on … vous l’aurez compris, « on » manque de repères.

L’on est alors en droit de se demander si les jeunes – et certains adultes d’ailleurs – ont conscience des actes qu’ils posent.

À qui la faute ?

« De prime abord, on pourrait jeter la pierre aux parents en arguant qu’ils n’ont pas fait leur travail d’éducation. Toutefois, je pense que le problème est beaucoup plus complexe que la seule responsabilité parentale ou familiale » nous dit une maman.

La dépravation des mœurs peut être  une conséquence de multiples facteurs : familiaux, sociétaux ou culturels

S’il est bien vrai que l’éducation familiale est censée donner des repères et enseigner la morale, il n’en demeure pas moins que le cocon familial ne constitue plus le seul vecteur d’apprentissage dans nos sociétés modernes.

Il y a un temps, lointain pour quelques-uns d’entre nous, « nous respections les règles et les interdits parentaux parce que c’était la base de nos repères. C’est grâce à ces balises que nous pouvions orienter nos actes et nos comportements. On se parlait, on échangeait, on n’allait pas sur les moteurs de recherche pour trouver des réponses à nos questions (il est vrai que cela n’existait pas encore) » ajoute-t-elle.

Les influences extérieures existaient cependant, mais sous différentes formes : télévision, amis, connaissances auxquelles on essayait parfois de ressembler. Elles existent toujours d’ailleurs, leur cercle s’est cependant agrandi.

L’avènement des nouvelles technologies a rendu accessible diverses sources d’informations. Informations pas toujours contrôlées ou contrôlables par les parents ou les adultes qui gravitent autour des enfants.

Une fois que ces derniers sont hors de la maison, ils sont soumis à une multitude d’influences qui échappent parfois à notre contrôle : L’école, la rue, les faits divers, le groupe d’amis, les réseaux sociaux, etc…

L’accès à internet s’étant démocratisé via la prolifération des cybercafés, les plus jeunes peuvent trouver le moyen de se connecter même en l’absence de téléphone personnel. Ils voient ce qu’ils ne sont pas censés voir et entendent ce qu’ils ne sont pas censés entendre.

C’est ainsi qu’on assiste à toutes sortes de dérives verbales et comportementales, contraires aux attentes sociales et culturelles en matière de bonnes mœurs.

Plutôt que de chercher qui blâmer pour cet état des choses, peut-être devrions nous nous pencher sur le « comment on en est arrivé là » nous précise une maman, psychologue de formation.

Quelques facteurs explicatifs de la dépravation des mœurs

Le contrôle social

Dans les pays d’Afrique, la famille n’est pas seule dépositaire de l’éducation et de la surveillance des enfants. Le voisinage ainsi que toute la communauté a un droit de regard sur les comportements jugés déviants. Il était encore courant de se voir réprimandé en pleine rue par des inconnus quand on affichait des comportements immoraux ou irrespectueux. C’était également courant qu’un voisin ou une voisine vous dénonce à vos parents si jamais ils vous croisent en mauvaise posture ou en mauvaise compagnie.

La pression à la conformité aux règles éducationnelles était très grande et il fallait réfléchir à deux fois avant d’oser poser certains actes.

Si cela existe encore ci et là, force est de constater que, de nos jours, tout le monde s’occupe de ses affaires et le contrôle social est de moins en moins opérationnel. Sans oublier qu’à la moindre tentative de recadrage, un adulte peut se voir copieusement insulté par un jeune qui a l’âge d’être son fils ou sa fille. Le respect des ainés tend à disparaître chez certaines personnes.

Les informations non sélectives

Les médias véhiculent tout un ensemble de comportement ainsi que des modes de vie qui peuvent être alléchants pour des jeunes en recherche d’identité, de reconnaissance, ou tout simplement curieux. Un enfant qui va sur google est immédiatement bombardé d’informations en tout genre, or, il n’a pas encore la capacité de discernement qui lui permet de faire le tri ainsi que la part des choses.

À une certaine époque, les parents autorisaient les enfants à regarder uniquement des émissions précises et à des heures bien spécifiques. Ils effectuaient une sélection de ce que leurs enfants pouvaient regarder et écouter. Qui, de nos jours, pensent encore à mettre un code parental sur les programmes télévisés. Et quand bien même cela se faisait, le web donne aux jeunes la possibilité de trouver tout ce qu’il recherche.

L’hétérogénéité des expériences

Surveiller son enfant ne garantit toutefois pas qu’il ne puisse avoir connaissance de ce qu’on lui interdit. L’école est le plus grand vecteur des expériences interindividuelles, et dans son cercle d’amis, il y a des chances que certains soient déjà au courant de ce qu’on souhaite lui épargner ou lui cacher. Avoir des amis du même âge n’est plus une garantie de l’uniformité de la connaissance.

Le manque de cadre et de repères

Notons qu’il existe aussi des parents démissionnaires ou négligents. Ils ne savent pas ce que font leurs enfants et ne surveillent pas leurs activités et fréquentations. Ils ne prennent pas le temps d’inculquer des repères identitaires, ni de fournir une feuille de route ou des conseils face aux réalités de la vie.

Leurs enfants doivent se débrouiller seuls pour savoir ce qui est bien ou mal, permis ou défendu. Et bien souvent, ils vont se tourner vers leurs amis ou les médias.

La société elle-même n’est pas en reste, car elle peut encourager la débauche, par l’apologie des comportements outranciers et contraires aux valeurs qu’elle est censée prôner.

Le mauvais exemple de l’entourage

Les enfants imitent en général ce que les adultes qu’ils côtoient font. Il ne sert à rien de leur interdire certains comportements si on n’est pas un exemple en la matière. À savoir, utiliser un langage vulgaire, opter pour un habillement indécent, avoir des relations multiples au vu et au su de tout le monde, poser des actes de prostitution, banaliser la sexualité et la nudité, ne pas avoir de limites physiques, les exposer aux pratiques adultes, que ce soit dans le virtuel ou dans la réalité.

La sensibilisation

Bien que je comprenne qu’il existe une gêne à parler de la sexualité aux enfants, il n’en demeure pas moins que si nous ne le faisons pas, d’autres s’en chargeront, et pas toujours avec la meilleure des intentions. Notez que la sexualité ne se résume pas aux relations sexuelles. On peut donc en discuter dans une optique de sensibilisation aux abus et aux prédateurs sexuels.

La banalisation de la nudité et du sexe

La dépravation des mœurs illustre parfaitement la fuite de certaines valeurs traditionnelles, qui autrefois garantissaient un socle éducatif solide. À force de voir des adultes vêtus de façon indécente, parler vulgairement et dévoiler leur intimité sans aucune gêne, il est fort probable que la dépravation des mœurs devienne quelque chose de banal. Si les adultes censés être les gardiens de la morale ne se sanctionnent pas eux-mêmes, comment pourront-ils sanctionner les plus jeunes.

Aujourd’hui les enfants fument, boivent, se droguent et commencent à avoir des relations sexuelles avant même la puberté. Symptôme d’une société qui va mal et au sein de laquelle le rôle de la famille et de la communauté tend à disparaître.

L’argent est devenu le maître et chacun s’occupe de ses propres affaires.

Quelles pistes de solutions pour diminuer la dépravation des mœurs ?

Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, il n’y a cependant pas de solution miracle !

Que chacun commence à sensibiliser au sein de sa propre maison et de sa propre famille. Notamment, éduquer les enfants sur le respect de leur corps et sur les valeurs morales.

Surveiller leurs accès aux réseaux sociaux et à internet, sans oublier de veiller à leurs fréquentations.

Leur parler des dangers du proxénétisme et de la pédophilie quand ils entrent dans l’adolescence afin que nul ne puisse les manipuler et les abuser.

Vérifier qu’ils ne visionnent pas des contenus inappropriés susceptibles d’imprégner dans leur esprit des images indécentes. Car à force de les voir, ils finiront par vouloir imiter.

Avoir soi-même un comportement qui reflète ce qu’on leur recommande de faire. Ils feront plus ce qu’on fait que ce qu’on leur dit.

Vos enfants doivent avoir confiance dans le fait qu’ils peuvent tout vous dire ou tout vous demander.

Il est important de briser un tabou quand il n’aide pas à résoudre des problèmes sociétaux et surtout lorsqu’il contribue à les entretenir.

Informer un enfant sur la dépravation des mœurs, c’est aussi le protéger.

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